Que signifie ce terme barbare ?
Il s’agit d’une méthode de décryptage du langage non-verbal.
En synergologie seul le langage corporel est représentatif. Il reflète nos émotions.
Philippe Turchet, fondateur de la synergologie, considère que cette forme d’expression en dit plus long sur nous que nos propres paroles. En effet,
s’il est possible de se taire ou de mentir, notre corps, lui, nous trahira par ses gestes inconscients.
Lorsque nous sommes seuls et que nous pensons, nous ne bougeons pas. Nos gestes ne commenceront que lors d’une relation communicationnelle. Sans
s’en rendre compte, nous ferons même des gestes lorsque nous téléphonons alors que notre interlocuteur ne peut pas les voir. Il s’agit donc bien d’un langage inconscient.
Les gestes nous aident parfois à trouver nos mots. En tous cas, ils disent tout haut ce que nous pensons tout bas.
Pour les synergologues les gestes sont universels. Les Japonais, par exemple, feront des gestes moins amples que les Italiens.
On rencontre trois gestuelles différentes
La synergologie prend-telle en compte tous les gestes ? Oui et non. Oui, parce qu’elle va étudier et analyser le comportement non verbal en
général. Non, parce qu’elle s’attache surtout au langage des gestes reflétés par l’inconscient. Pour elle, il existe donc trois types de gestes.
Ø Les gestes
conscients, comme tendre et serrer la main pour dire bonjour.
Ø Les gestes
mi-conscients comme remuer les mains ou le corps lorsqu’on parle. Si ces gestes restent souvent inconscients, nous pouvons rapidement et facilement en
prendre conscience, si besoin les arrêter.
Ø Les gestes
inconscients tels que le fait de se gratter parce qu’on ressent une démangeaison sans autre raison apparente, montre que le sujet est mal à l’aise.
Turchet affirme même qu’on peut ainsi détecter le mensonge. Par exemple, si vous êtes invité chez des amis et que le repas n’est pas à votre goût, vous allez quand même affirmer que vous aimez,
(c’est du savoir-vivre). Il s’agit quand même d’un mensonge et vous n’en êtes pas spécialement fier. Remarquez bien, vous allez vous gratter. Et voilà un menteur débusqué ! Pourvu que vos
amis ne connaissent pas la synergologie !
Certains gestes parlent plus que des mots
Nous décrirons ici les principaux gestes qui trahissent notre inconscient afin de pouvoir les reconnaître chez nos clients mais aussi afin d’éviter
d’en reproduire certains, lors d’un entretien d’embauche par exemple.
Se gratter le nez ou le front
Une personne qui se gratte, comme nous l’avons dit plus haut, et à moins qu’un moustique ne l’ait piqué, est dans un état de mal être. Si elle se
gratte le front, elle a vraisemblablement un problème ou vous parle d’un sujet compliqué pour elle.
Si elle se gratte le nez, la plupart du temps, elle est en train de mentir. Notons également qu’il peut être difficile de regarder une personne
droit dans les yeux lorsqu’on est en train de mentir. Evitez donc à tout pris de vous grattez le nez lors d’un entretien d’embauche. Observez également si la personne à qui vous parlez se gratte
le nez. Oups ! elle ne vous croit pas.
Comme le dit Turchet : se gratter permet de s’apaiser. Néanmoins, souvenez-vous que le fait de gratter une démangeaison
« imaginaire » pourrait vous porter préjudice.
Le mensonge se révèle également par une poignée de main fuyante
Se gratter le genou droit
Démontre un manque d’enthousiasme. Rappelez-vous que ces gestes doivent être analysés seulement s’ils se reproduisent plusieurs fois.
Le clignement des yeux
Est-ce que ce passage vous intéresse ? Vous êtes probablement en train de cligner des yeux. Surprenant, non ?
La partie gauche du visage « monte »
Vous assistez à un heureux événement : votre émotion est positive. Visitez le blog de Philippe Turchet qui offre en exemple le regard des trois
jurés assistant à la prestation de Suzan Boyle. Vous savez la chanteuse anglaise qui ne payait pas de mine et qui s’est révélée devant le public d’une émission de chant. Sa voix était en total
« décalage » avec son physique. La zone des yeux, à gauche, des trois jurés « montent ».
Se lisser les commissures des lèvres avec le pouce
Et l’index du haut vers le bas, les coudes étant en appui, démontre, si cette gestuelle est souvent répétée, un comportement simulateur.
Serrer la main des deux mains
Démontre également un comportement simulateur.
Mordiller ses ongles ou son crayon
Montre un caractère anxieux.
Se gratter le sourcil du bout du doigt
Montre un caractère capricieux.
La main devant la bouche
Signifie en général que la personne n’est pas d’accord avec ce que vous dites.
Le doigt sur la lèvre inférieure ou sur la lèvre supérieure
Vous avez un problème et cherchez une solution. Vous réfléchissez ! Votre doigt se mettra sur votre lèvre inférieure.
Votre réflexion est plus théorique. C’est sur la lèvre supérieure que vous poserez votre doigt.
Se tripoter sans cesse les cheveux
Démontre une personne sensible.
Tenir son annulaire droit dans la main gauche ou grimacer
Démontre une personne hypersensible, cette gestuelle lui permet de se protéger.
Les postures fermées à éviter
Croiser les chevilles
Dénote un aveu d’inefficacité.
Croiser les bras fermement contre son buste ou plus simplement ses poings
Dénonce un caractère agressif. Il vaut mieux éviter ça au travail, non ?
Appuyer sa main droite dans le bas du dos
Vous êtes méfiant contre la nouveauté et en général, pas très coopératif.
Conserver ses lunettes serrées dans la main
pendant tout le temps de la discussion montrera que vous ne voulez pas regarder la réalité en face. Les investisseurs n’aiment pas ça !
Serrer les mâchoires
Si cette attitude est récurrente, c’est que vous ne savez pas vous détendre voire que vous êtes hostile à votre environnement.
Cacher ses mains sous le bureau
Montre votre manque d’ouverture voire votre manque de créativité surtout si c’est la main gauche.
Fermer les poings en dissimulant ses pouces
Montre un caractère peu fiable.
En règle général, il faudra éviter de :
Porter la main au visage et surtout de se gratter le nez ; croiser les bras puisque ça démontre une attitude fermée et ce n’est pas ce que nous
désirons montrer à nos clients ; croiser les jambes, puisque nous ne cherchons pas à nous protéger.
Lorsque j’étais responsable d’hôtels, je procédais notamment au recrutement du personnel en contact. Certaines personnes, bien que très qualifiées,
avec de beaux diplômes et également bien vêtues, se présentaient avec une totale désinvolture. Elles en oubliaient même les règles de base de la politesse, telles qu’attendre d’y être invitée
pour s’asseoir ou de laisser le chewing-gum à la maison. Le pire était quand même lorsqu’elles se présentaient pour un poste d’accueil et restaient recroquevillées sur elles-mêmes pendant tout
l’entretien, parfois même leur sac restait sur leurs genoux et elles le tenaient fermement. Elles avaient peut-être peur que je le leur vole. A l’époque je ne connaissais pas encore toutes ces
techniques de communication. Néanmoins, ce que je ressentais en les regardant, était en total décalage avec ce qu’elles pouvaient affirmer : « je suis une personne ouverte…j’aime
beaucoup le contact humain… ». Je découvrais ainsi ce qui servit de base à mes recherches. Néanmoins, je n’engageais pas ces personnes.
Il faut donc comprendre que même les personnes n’ayant pas étudié les techniques de communication, ressentirons un décalage entre votre langage
verbal et le non-verbal.
Ajoutons un bémol à ce que nous avons décrit jusqu’à présent dans la mesure où il s’agit presque d’une caricature. En effet, il faut être assez fin
pour repérer ces gestes et les remettre dans leur contexte. Ce n’est pas parce qu’une personne se gratte le nez qu’elle est forcément entrain de mentir. Elle pense peut-être à autre chose en vous
parlant ou plus simplement elle est enrhumée.
De même, une personne mettant la main devant sa bouche en vous parlant, n’est pas forcément en désaccord avec vous. Il faut avoir une vision plus
globale de la situation. Turchet affirme que si elle est assise au fond de son siège, il est fort possible qu’elle ne vous écoute même pas.
Si ce chapitre nous semble également important, c’est pour mieux souligner l’importance de la communication orale et à quel point, sans la
gestuelle, la communication écrite ou épistolaire peut être mal interprétée. Ce type de communication foisonne pourtant de nos jours : notes de services, pour éviter de parler aux employés,
mais surtout dans notre vie quotidienne la communication par email (en bon français par courriel). Nous comprenons, maintenant comment ce type de communication peut être déformée, mal interprétée
parce qu’envoyé avec nos propres filtres et décryptée avec ceux de l’autre, sans aucune possibilité de rattrapage par le langage du corps. Un « lol » ou
un « mdr », signifiant qu’on plaisante, ne remplacera jamais un grand sourire lorsqu’on lance une boutade ou une critique.
Si vous souhaitez approfondir cette discipline de la communication : la synergologie, référez-vous aux travaux de Philippe Turchet, et notamment à son blog ou l’un de ses livres: link, Livre
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